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Projet avorté, l’histoire du JCM

La rédaction étant ma voie privilégiée, j’ai apporté mon aide, en 2019, à deux jeunes entrepreneurs. Kevin James et David Masson souhaitaient créer un magazine destiné à mettre en lumière les jeunes groupes de musique et le cinéma indépendant. J’étais chargée de la rubrique musicale du magazine.

J’ai mené près d’une quarantaine d’entretiens avec des groupes que j’avais personnellement contactés. Ces interviews, centrées sur la présentation des artistes, duraient environ une heure et se faisaient le plus souvent par téléphone. Sans avoir la prétention d’innover, je souhaitais avant tout offrir une visibilité aux nouveaux talents. Ma cible privilégiée : les groupes indépendants non labellisés et les musiciens méconnus. Mon objectif : dévoiler leurs influences ainsi que leurs univers musicaux et visuels.
Spoiler : le projet a été avorté.

Celkilt, groupe d’Irish rock lyonnais, voit le jour en 2010 après avoir réuni cinq musiciens aux parcours musicaux éclectiques :

« On fait une espèce de grosse bouillabaisse avec toutes nos influences, entre rock, punk, folk, classique, celtique, breton, irlandais, écossais. On ne se pose pas trop de limites. »

Leur musique est festive, énergique, et cela se ressent immédiatement. Sur scène, le public est emporté par leur bonne humeur et les sonorités dansantes. Dans leurs clips, on a l’impression de regarder un rêve raconté par un enfant aux yeux pétillants. Celkilt interprète le genre musical auquel il appartient, et l’on apprécie la bouffée d’air frais apportée aux scènes lyonnaises. Il nous manquait de l’Irish rock !

Celkilt est aussi un groupe qui se regarde. Leur tenue, leur image, leur fantaisie et leur énergie méritent d’être vécues en live ! Conscients que l’essentiel de leur travail passe par la scène, les membres du groupe ont un point de vue qu’ils jugent « sain » sur la question :

« C’est-à-dire que le succès, tel qu’on le considère — c’est-à-dire vivre de sa musique et faire des concerts —, pour moi, c’est ça, le succès. Eh bien, il est dû à notre travail et aux gens qui sont là ; on ne le doit à personne d’autre, en fait. Il n’y a pas de maison de disques ni quoi que ce soit. On va chercher les gens par la route, par la tournée, par les concerts, et ils nous découvrent parfois complètement par hasard, puis reviennent nous voir à un autre concert, à fond, tous en kilt. Cette identité avec le kilt est assez rigolote, c’est ludique [rires]. »

Oui, c’est ludique, à n’en pas douter ! Il n’y a qu’à regarder leurs clips pour s’en convaincre : on a affaire à des musiciens qui aiment la rigolade. Sur scène, c’est du rock qui déchire, mais aussi un moment de pure camaraderie.

Comme beaucoup de jeunes entreprises, le manque de moyens financiers a malheureusement conduit à l’arrêt du projet. Loin de considérer cela comme un échec, cette expérience m’a permis non seulement de valider mon diplôme en lettres appliquées, mais aussi de nourrir mon mémoire de recherche intitulé De l’inconvénient de créer.
J’ai ainsi pu comprendre que la rédaction et la découverte constituent pour moi une passion, mais aussi un véritable moteur pour ma fibre créative.

De plus, pour réussir, il faut bien oser tenter. Alors pourquoi pas ? Même si cela n’aboutit à rien de concret, il y a toujours des bénéfices : entretenir de nouvelles relations, faire travailler son imagination, engendrer un nombre d’heures de travail considérable…

Faire pour l’amour du processus, non pour l’objectif.

Heureusement il y a des projets qui fonctionnent ! ➡️

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