Le croqueur d’os
Le Croqueur d’os est mon premier recueil de nouvelles, publié à compte d’auteur en partenariat avec la maison Thot Édition. Après une campagne Ulule menée avec succès en 2017 — un immense merci à tous les merveilleux donateurs qui m’ont accordé leur confiance et permis la concrétisation de ce projet — Le Croqueur d’os a vu le jour en 2018. Il est disponible à la commande sur le site de Thot Édition ainsi qu’à la FNAC.

Picture by Noémie Feybesse
Nourrie de mes souvenirs de voyage en Écosse et aux Pays-Bas, mais aussi de mes nombreux périples à travers la France, j’ai rédigé les six nouvelles fantastiques qui composent Le Croqueur d’os dans ma chambre d’étudiante en sociologie. Inspirée par les pionniers de la littérature fantastique et horrifique (Edgar Allan Poe, Howard Phillips Lovecraft, Guy de Maupassant, et les contes des frères Grimm) je me laisse porter vers les mondes imaginaires, là où s’écrivent les cauchemars et se tissent les angoisses.
Résumé :
Après avoir visité les plus belles attractions de Paris, ville de lumières et de mouvements, Hugo et Mathieu se mettent en quête de lieux plus tranquilles et mystérieux. C’est au Père-Lachaise que Mathieu se rendra afin de déambuler le long des allées ombragées, au milieu des caveaux usés par le temps. Mais quelque part entre les pierres tombales et les racines d’arbres, un grognement aigu, comme un rire de hyène, résonne brusquement. Entre deux tombes, le jeune garçon découvre alors un os rongé puis aperçoit, en un éclair, une bestiole poilue et véloce. Dès le lendemain, escorté par son frère, ils retournent explorer le cimetière. C’est Prosper, un marbrier, qui les mettra sur la piste d’une très vieille légende irlandaise.
Hantés par le regret, poussés là où aucun homme ne va, contraints de suivre une voie peuplée de rires moqueurs et d’êtres innommables, les héros de ces nouvelles n’auront qu’un but : comprendre l’incompréhensible. Ils iront chercher, tapis dans les ombres, les secrets d’un autre monde. Un monde inhérent au nôtre mais auquel on accède en payant le prix fort.
Extrait de la nouvelle echos :
Maja dormit mal cette nuit-là.
Sous les draps, une chaleur étouffante semblait faire bouillir son sang, mais lorsqu’elle sortit un bras à l’air libre, le froid la frappait et sa peau devenait glaciale. Elle se tournait et se retournait, soufflait, chantait dans sa tête des mélodies dont elle avait autrefois connu les paroles, elle scrutait Oscar, puis le mur, puis la fenêtre, veillant jusqu’à ce que quelque chose lui apportât une distraction quelconque.
Son ventre était tordu de l’intérieur et ses jambes, trop lourdes pour être soulevées. Maja sentait sur son crâne comme un bloc de pierre qui l’empêchait de trouver le repos, et le vent dehors créait en elle des frissons d’angoisse inexplicables.
Les branches des arbres frappaient contre la vitre et transposaient sur le mur du fond leurs longs doigts charnus, éclairés par la lune. Le vent les faisait bouger de haut en bas, et ils semblaient frôler de leurs ongles la couette fragile de son frère. Maja eut alors l’envie, difficilement répressible, de se lever et d’échanger son lit avec celui d’Oscar, pour le protéger des monstres cachés sous les nuages. Elle secoua la tête de gauche à droite, se sentant à la fois idiote et curieusement anxieuse.
Elle savait parfaitement que la situation n’était angoissante que dans son esprit exténué, et cette attention qu’elle portait à Oscar pouvait paraître maladive, mais elle avait régulièrement peur qu’il arrivât un malheur à son dernier cadet.
[…]
